Les grandes Orgues

de l’église d’Estrées-Saint-Denis

 

 

 

La petite ville d’Estrées-Saint-Denis, traversée par la fameuse "Route de Flandre" possède une charmante église, au caractère très rural, située au centre-ville, à quelques centaines de mètres de la Nationale 17. Estrées-Saint-Denis, qui porta le nom d’Estrées-Franciade sous la Révolution Française, avait semble-t-il déjà un orgue au XVIIIème siècle puisque l’on mentionne, dans les registres de délibérations du district de Compiègne, l’usage de son buffet pour servir de tribune à la Société Populaire du lieu, dans l’église transformée en temple de la raison en 1793-95…

 

L’instrument aurait donc disparu au cours de la déchristianisation, sans que l’on sache rien de sa taille ni de ses qualités. Nous ignorons si cet instrument fut détruit ou remplacé avec le retour du culte catholique, au début du XIXème siècle.

 

Le positif de dos de l’orgue de Pont-Sainte-Maxence, ville toute proche, est le seul vestige d’un instrument qui, autrefois, a sonné à Estrées-Saint-Denis.

 

L’actuel instrument, de pure facture picarde, a été construit par Félix VAN DEN BRANDE, un facteur d’orgues installé à Amiens. La date exacte de l’installation est ignorée. En effet l’instrument a été offert à sa paroisse par le curé de l’époque, l’abbé PIHANT. Ainsi les frais d’achat n’apparaissent pas dans les comptes et les archives de la cure. Mais il est certain que son installation est antérieure à la guerre 1914-18. L’orgue est arrivé par chemin de fer, la gare d’Estrées-Saint-Denis étant directement reliée à Amiens. D’après les souvenirs des "anciens", on peut situer aux alentours de 1910 l’inauguration de cet instrument. En 1916 une bombe a atteint le chœur de l’église mais l’orgue semble avoir résisté à cette sombre période.

 

L’orgue d’Estrées-Saint-Denis, installé en tribune au fond de la nef, a été construit suivant un système mécano-pneumatique propre à la maison VAN DEN BRANDE. Il se compose de deux claviers manuels de 56 notes et d’un pédalier de 27 marches.

 

Vers 1960 une restauration partielle est faite par les Etablissements ROETHINGER de Strasbourg, avec installation d’une soufflerie électrique.

 

En 1963 Georges BOUYSSOU, est nommé organiste titulaire par la Ville d’Estrées-Saint-Denis. Il met tout de suite tout en œuvre pour sauver son instrument. Depuis sa construction et jusqu’à cette date l’instrument n’avait jamais connu de titulaire "officiel".

 

En 1976 une révision sommaire est faite pour réparer en partie  les dégâts occasionnés par la sécheresse anormale de cette année-là.

 

En juin 1980 Georges BOUYSSOU fonde l’Association Pour La Sauvegarde des Orgues d’Estrées-Saint-Denis. Il parvient à trouver les fonds nécessaires pour redonner un nouveau souffle à l’instrument qui est dans un état critique.

 

En 1992 l’orgue recommence à donner des signes de faiblesse. Un démontage complet s’impose. La Municipalité confie les travaux à Philippe GUILMARD de Paris. Ce dernier n’arrivera pas à mettre un terme aux travaux, il sera congédié puis remplacé par Patrice MASSON de Gisors.

 

Patrice MASSON va s’occuper de l’orgue de 1995 à 2004.

On lui doit de nombreux travaux et aménagements. Citons par exemple :

 

-         remplacement des rasettes usées de la trompette

-         remplacement du vieux moteur électrique

-         remplacement du basson-hautbois 8’ par une clarinette 8’ neuve

-         ajout d’une doublette 2’ et d’une quinte 2’ 2/3 sur le clavier de Grand Orgue

 

En 1999 Georges BOUYSSOU prend sa retraite. Stéphane DUPONT, organiste suppléant depuis 1992 est nommé titulaire de l’orgue d’Estrées-Saint-Denis le 22 mars 1999.

 

Georges BOUYSSOU décède en mai 2005. Un grand concert est organisé à sa mémoire le 22 mai.

 

En septembre 2005, Marc HEDELIN de Paris, devient le facteur d’orgues titulaire du contrat d’entretien.

 

 

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L’orgue d’Estrées-Saint-Denis est sans nul doute considéré comme un des plus beaux instruments de la région. Des organistes de renom sont venus le jouer en concert et l’apprécient. Citons Jean COSTA, François-Henri HOUBART ou encore Jean GALARD.

 

 

 

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